Témoignages



Howard A. Rodman

Président de la WGAW et ancien membre du conseil du FCFA

Rodman

J’ai été membre du conseil du FCFA pendant environ sept ans, en partie parce que le cinéma français me parle beaucoup et a eu une immense influence sur ma vie et mon oeuvre. Le premier film français que j’ai vu était La Guerre est finie d’Alain Resnais, avec Yves Montand et avec un scénario de Jorge Semprun, alors exilé de l’Espagne fasciste. Le récit n’était pas complètement linéaire, ce qui m’a fait réfléchir, quand j’y repense, à la manière dont le langage du cinéma est bien plus riche et varié que ce à quoi j’avais été exposé avec les films hollywoodiens. À cette époque, j’avais commencé à lire de la littérature d’avant-garde et ce film m’a bouleversé de la même manière que ces livres. Les acteurs qui jouaient dedans, c’était étrange, ressemblaient davantage aux gens que je connaissais qu’aux personnages qui peuplaient les films américains. Il y a vraiment un avant et un après cette séance de cinéma dans la manière dont je vois le monde. Je suis sorti comme empli de l’idée de toutes les possibilités que j’allais pouvoir développer : l’exploration de la narration qui m’intéressait en littérature était également possible au cinéma. Cela m’a donné envie de réaliser mes propres films. J’ai ressenti cette séance comme une invitation à me mettre au travail ! Le Fonds est vraiment unique en ce qu’il ne s’attache pas à l’aspect financier. Son but est de promouvoir et de favoriser les échanges entre les cinémas français et américain, et à présent la communauté du petit écran. Ce qui est génial, c’est les échanges continus entre les communautés des réalisateurs français et américains. Parfois, ces échanges se font de réalisateur à réalisateur, d’autres fois c’est de film à film ; ils s’enrichissent constamment. La culture du cinéma en France serait impensable sans celle des États-Unis, et inversement. Leurs origines sont tellement intimement liées qu’à un certain moment il est impossible de déterminer ce qui appartient à l’une ou à l’autre.

Howard A. Rodman


Découvrez nos autres témoignages