Témoignages



Katherine Fugate

Scénariste américaine, membre du conseil d’administration de la WGAW et membre du conseil d’administration du FCFA

Katerine Fugate

Lors de ma rencontre avec le cinéma, j’avais à peine plus de 20 ans. J’étais étudiante dans une petite ville et je travaillais en tant que serveuse. Je passais une journée horrible : j’avais renversé une salade du chef avec sauce au bleu sur un client, j’avais failli être renvoyée, et j’avais filé mon collant.En rentrant chez moi à pied, j’ai traversé le campus et j’ai vu un flyer collé sur un arbre, qui annonçait la projection le soir même d’un film français, Coup de foudre, de Diane Kurys. Je n’avais jamais vu de film français, j’ai donc décidé de me rendre à la séance. À la fin du film, je n’ai pas pu me lever de mon siège. Je n’avais jamais vu une telle sensibilité et une telle complexité exprimées ainsi dans un film ; cette porte ouverte a changé ma vie. C’était l’histoire de l’enfance de Diane Kurys, et elle devait absolument l’écrire, mais elle n’avait aucune idée de qui elle pourrait affecter. Cette femme était étrangère, elle me parlait dans une autre langue ; toutefois, je la comprenais et je me sentais comprise. Je me suis finalement levée, et le lendemain, je me suis désinscrite du cursus de droit pénal pour rejoindre celui d’écriture et de théâtre, ce qui avait toujours été mon rêve. Lorsque je suis devenue membre du FCFA, j’ai prononcé un discours passionné sur l’idée du festival de cinéma Tournées, qui permettrait de présenter le cinéma français au système universitaire américain. J’ai avancé que les petites villes et universités devraient être notre cible, et non les villes et universités plus importantes, qui y ont accès plus facilement. Les petites villes ont beaucoup moins l’occasion d’être exposées au cinéma français. Notre objectif devrait être de viser des étudiants qui n’ont jamais vu de film étranger (comme cela avait été mon cas) et de les exposer à une autre culture afin qu’ils comprennent les ressemblances autant que les différences entre nos modes de vie. À travers les films, on peut changer une personne, ouvrir l’esprit, rendre ce qui est inconnu familier. Les films étrangers réduisent les distances et font du monde un endroit qui peut apporter du réconfort. Tout le monde ne peut pas voyager de par le monde, mais un film peut transporter. Il peut transformer la solitude en joie, comme il l’a fait pour moi. Mon but est que tout le monde puisse voir un film français, voilà tout.

Katherine Fugate


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